Cyrielle: un mois au Népal

Cette semaine, c’est Cyrielle qui va nous parler de son incroyable aventure au Népal sur le sentier des Annapurnas.

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Combien de temps es-tu partie ? Avec qui ?

On est parti en tout un mois, en comptant les trajets aller-retour. On était juste à deux, mon conjoint et moi-même.

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Quand es-tu partie ? Penses-tu que c’était la bonne période ?

 Nous avons choisi de partir du 12 novembre au 11 décembre, pour pouvoir profiter des températures de fin de la haute saison (qui va d’octobre à novembre) sans être noyés dans un flot infini de trekkeurs. Objectif atteint : loin d’être seuls au milieu de la montagne, on n’a pourtant jamais eu de problèmes pour trouver de la place dans les logements. Niveau météo, on a eu  toutes les températures selon l’altitude mais toujours avec un grand soleil, et juste une bonne journée de neige au moment de passer le col de Thorong-la, qui constitue le point le plus élevé du trek à 5416m d’altitude.

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Quand as-tu réservé tes billets d’avion ? Par quelle compagnie es-tu passée ?

 On a réservé nos billets début août, donc 4 mois avant le départ. Ça nous a coûté 475€ par personne, un prix assez avantageux mais avec quelques inconvénients : on est parti d’Amsterdam et on a eu 12 longues heures au retour pour profiter du duty free de l’aéroport d’Abu Dhabi. Fun.

On a voyagé avec la compagnie Etihad Airways, mais on a fait les réservations via Expedia.

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Peux-tu nous donner les étapes de ton voyage ?

 On est d’abord arrivés à Katmandou, où nous sommes restés seulement 2 nuits histoire d’avoir une journée en ville pour obtenir nos permis de trekking. Si vous souhaitez trekker au Népal il est indispensable d’en avoir un, ainsi qu’un permis pour entrer dans les zones protégées dans lesquelles se trouvent les circuits. Les deux s’obtiennent au même endroit, ça va très vite. Enfin, quand vous aurez trouvé le bâtiment en question. Nous ça nous a juste pris 4 heures d’errance désespérée, mais peut-être que vous serez plus doués !

 Le 3ème jour, on a pris un bus touristique pour Pokhara, la plus grande ville à proximité du départ des Annapurnas. 8h de bus sur une route sinueuse à souhait… Moi qui ai le mal des transports, je peux vous assurer que c’était la partie du voyage que je redoutais le plus. Finalement j’ai trouvé les chauffeurs népalais plutôt prudents, roulant même souvent assez lentement pour que je puisse admirer les araignées gigantesques dans les fils électriques et arbres tout en me demandant dans quel bordel je m’embarquais !

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 Après une journée de repos à Pokhara, retour dans le bus pour 5h cette fois, jusqu’au départ du trek, à Besi Sahar. On a alors contemplé pour la première fois clairement les 19 jours de marche intensive qui s’étendaient devant nous, et autant dire qu’on ne faisait pas trop les fiers. On ignorait encore tous les incroyables moments d’émotion qu’on allait avoir la chance de vivre pendant ce trek, et après 17 jours hors du temps on a décidé de s’arrêter plus tôt que prévu et de reprendre un bus direct pour Pokhara. Cette fois on a pris un bus local, dans lequel on a passé 11h, comment dire… Agitées ! La plupart de la route n’était pas revêtue et était plutôt un champ de grosses pierres et rochers aléatoirement placés, prêts à soit écraser le bus soit à l’envoyer dans le précipice. Parfois, le chauffeur ne prenait pas de risque et allait carrément rouler dans le lit de la rivière. Ça allait jusqu’au moment ou on s’est rendu compte que les népalais dans le bus étaient inquiets aussi, et s’étaient mis à prier… quand j’ai réalisé qu’on avait roulé seulement 35km en 5h je me préparais presque à passer la nuit dans le bus, et honnêtement on n’était plus à ça près !

Au total pendant le trek on a parcouru environ 150km à pieds, en passant de 820m d’altitude à 5416m, pour finalement terminer à 2670m.

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 On pensait repasser vite fait à Pokhara puis revenir rapidement à Katmandou pour pouvoir quand même profiter de ses temples et sites d’exception, mais c’était sans compter sur le charme incroyable de Pokhara. Une ville au bord d’un lac, où il règne toujours un calme presque intriguant, et où les faucons côtoient les dizaines de parapente venant des montagnes alentours. Un vrai coup de cœur ! On y est restés 4 nuits au lieu de 2, puis 3 nuits à Katmandou avant le grand départ et sa déprime inhérente, évidemment.

 

Comment as-tu organisé ton voyage ? De quoi t’es-tu aidée ? Es-tu passée par une agence ?

 Alors déjà il faut que j’explique une chose avant de parler d’organisation : quand il s’agit de préparer un voyage je deviens… comment dire… complètement angoissée et obsessionnelle, voilà c’est dit ! Donc il faut que je sache absolument où on va dormir, comment on va circuler sur place, ce qu’on va visiter, où on va manger… Bref, l’impro c’est très peu pour moi.

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 Parce que pour trekker au Népal il y a pas 10000 moyens de se préparer, mais en fouinant un peu vous pourrez dénicher beaucoup d’informations sur le sentier des Annapurnas, notamment sur les blogs des autres voyageurs. Ça a été mon unique ressource, puisque j’ai assez vite compris que les guides de voyage type Routard et compagnie contiendraient finalement moins d’infos, et moins concrètes.

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 J’avoue avoir passé des journées entières à écumer les blogs divers et variés, histoire de ne pas débarquer dans l’inconnu total. Je partais avec notre itinéraire bien en tête, concocté en tenant compte des distances et des altitudes (attention au redoutable mal des montagnes), et selon les impressions des différents trekkeurs. J’avais aussi pris le soin de repérer à l’avance les logements avec… des vraies toilettes, haha ! Et des douches chaudes théoriques (mais vraiment théoriques, hein).

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Préparer via les différents blogs nous a également aidés à savoir quoi prendre dans nos sacs, et quoi acheter niveau matériel.

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Sur place on est juste passé par des agences au moment de réserver les tickets de bus, ça a toujours été fait très simplement en quelques minutes.

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Quel est ton meilleur souvenir ? Qu’as-tu préféré ?

C’est un peu compliqué d’évoquer un souvenir en particulier, j’ai des centaines d’images qui se bousculent dans ma tête. Mais j’en ai tout de même un qui se détache des autres.

 Vous l’aurez peut-être deviné, c’est le fameux passage de col de Thorong-La ! Pour vous situer un peu le contexte c’était notre 14ème jour de trek, et ça devait bien faire 5 jours qu’on n’avait pas connu cette sensation exquise qu’on appelle « chaleur ». Il faisait -25°, et la veille nous avons été contraints de passer la journée au High Camp, la dernière étape avant le col, à cause de chutes de neige ininterrompues du matin au soir. Détail important : bien sûr le long du trek vous n’aurez jamais de chauffage dans le logement, sauf parfois un poêle dans la salle commune. Donc autant dire que ça a été une journée terrible pour le moral, surtout que nous ignorions si la neige nous permettrait de passer le col le lendemain, ou si nous devrions rebrousser chemin jusque la route la plus proche…

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 J’avais lu avant de partir que pendant le trek nos émotions seraient décuplées, mais c’est une chose de le savoir et c’en est une autre de le vivre. Ce matin-là nous avons finalement décidé de passer le col dans la neige fraiche, et avons attaqué les 4km qui nous en séparaient. À maintes reprises j’avais entendu des trekkeurs dire que le col serait moins difficile qu’une autre partie du sentier, que nous avions fait quelques jours plus tôt. Je partais donc plutôt optimiste, sans savoir que les conditions météo rendraient la tâche bien plus ardue que prévu.

 Je savais pour l’avoir beaucoup lu qu’énormément de gens pleuraient en arrivant au sommet, mais je n’aurais jamais imaginé être submergée par une émotion aussi intense, aussi crue. J’ai depuis toujours des problèmes de confiance en moi, et j’ai généralement tendance à minimiser mes réussites. Par ailleurs je me considère comme une sportive occasionnelle (c’est plus littéraire que feignasse chronique) et quand j’ai parlé de notre trek dans mon entourage j’ai reçu quelques réactions du type « mais vous vous rendez pas compte de la difficulté, vous allez pas y arriver », etc. Donc me retrouver là, complètement vidée de toute force et gelée jusqu’au fond de l’âme mais encore debout, au sommet du monde, entourée d’une nature magnifique… C’était un moment de fierté indescriptible. Je repensais à tout ce qu’on avait traversé pour arriver jusque là, dans notre voyage et de manière générale dans notre vie, et j’ai été envahie par une gratitude immense. Je pleurais à sanglots sans savoir m’arrêter, et encore pendant plusieurs jours j’ai eu la gorge qui se serrait et les larmes aux yeux à chaque fois que j’y repensais.

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 De manière générale le Népal nous a bouleversés, changés. Ses habitants nous ont accueillis avec la bienveillance qui les caractérise, et le patrimoine culturel et religieux du pays nous a souvent laissés sans voix. Même durant le trek on a fait des rencontres inoubliables, l’ambiance était unique. On sentait que tout le monde était heureux d’être là et de faire cette expérience incroyable, comme si on faisait tous partie d’une seule communauté.

 

Si tu devais changer quelque chose, qu’est-ce que ça serait ?

 Rien du tout ! Je pense que le Népal nous a appris à apprécier chaque moment et à être reconnaissants de ce que l’on a. Même si on a connu des moments de galère, malgré la fatigue et le manque de confort, on n’a jamais regretté de faire ce voyage. On se dit qu’après tout si on ne s’était pas miséré à tel ou tel endroit, on n’aurait pas vécu tel moment magique plus tard… Et puis avec des paysages aussi époustouflants et cette sérénité ambiante, difficile de ne pas profiter !

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As-tu des conseils à donner à des gens qui voudraient faire le même voyage que toi ?

 Hmmmmmm, c’est vaste comme question. Oui bien sûr, j’aurais plein de conseils que je serais ravie de partager, mais dans ce cas-là contactez-moi directement. Hé, je vous dirai même où il y a des vraies chiottes !

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Merci Cyrielle!

2 réflexions sur “Cyrielle: un mois au Népal

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